L' écoute tissulaire

Comme nous avons pu le voir, au sein du corps réside un équilibre tensionnel entre toutes les parties.

La mobilité articulaire, dans laquelle nous pouvons retrouver l'ensemble des mobilités environnantes (peau, muscles, capsules, ligaments) est le reflet de cet équilibre. Le bilan des mobilités sera donc une arme diagnostique non négligeable pour aller à la découverte des pertes de mobilité. Ceci pour la macro-mobilité. Mais en bougeant les segments, il reste difficile d'appréhender les micro-mobilités du corps. A ce niveau, c'est par la trame fasciale (tissu conjonctif) que le thérapeute passera pour appréhender les déséquilibres dans les quatre dimensions (rotation/flexion-extension/abduction-adduction/ mais aussi compression-tension).

Compréhension première:

Un tissu en dysfonction de fermeture (compression) ne se laissera pas mobiliser vers l'ouverture.

Un tissu en dysfonction d'ouverture (tension) ne se laissera pas mobiliser vers la fermeture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conséquences sur la macro mobilité

Pendant la respiration thoracique, lors de la marche, lors de l'examen des mobilités, le thérapeute trouvera, en cas de dysfonction, des pertes de mobilité suivant les trois axes classiques. Par exemple, dans le cas d'une hanche "fixée" en rotation externe abduction par les muscles piriforme et grand fessier, le thérapeute trouvera une restriction de mobilité vers la rotation interne adduction de cette articulation. En travaillant le ressenti, celui-ci peut découvrir quel tissu est causal par la mobilisation en circumduction. C'est un exercice fin et minutieux, d'une grande efficacité diagnostique s'intéressant à la macro-mobilité. Il pourra, notamment par des manœuvres articulatoires  tout autant fines et précises libérer les tissus en question.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conséquences sur la micro mobilité

Nous parlerons ici surtout des micro-mobilités en lien avec le tissu conjonctif.

Pour résumé les dires précédents: le corps est organisé, sans aucune discontinuité de la tête aux pieds, de l'intérieur à l'extérieur, par une trame de tissus conjonctifs: le fascia.

Dans cette trame règne une harmonie tensionnelle correspondant à l'état de santé. En cas de perte de mobilité (spasme/cicatrice), cet équilibre sera directement mis en échec. Est-ce que la main peut sentir cet équilibre tant dans la santé que dans la dysfonction? La réponse est oui, bien entendu. L'exemple le plus probant et parlant étant le sternum.  

Première étape de la compréhension:

Imaginer une cage thoracique libre de toute contrainte. Si le thérapeute pose sa main dessus, il sentira le rythme respiratoire tantôt vers l'inspiration (poussée), tantôt sur l'expiration (attraction) de façon équilibrée. Le sternum restera au centre (plan frontal). Il ne sera pas retenu lors de l'inspiration vers un côté ou l'autre. Par contre, si le sujet a une perte de mobilité sur la première côte droite. Le même exercice amènera petit à petit la main du thérapeute vers cette côte, par un phénomène d'attraction. En travaillant profondément son ressenti, ce dernier pourra développer une capacité d'écoute tissulaire accrue, améliorant l'ensemble de sa prise en charge.

En prenant cet exemple volontairement, nous sommes restés dans un système en "macro-mobilité". C'était une forme d'introduction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seconde étape de la compréhension

Prenons maintenant un système "immobile". En fait, c'est impossible mais le thérapeute ne prêtera pas attention à la respiration thoracique du sujet. Imaginez un spasme de scalène antérieur droit (physiologie : inclinaison droite, rotation gauche). Sujet en décubitus dorsal, le thérapeute place ses mains sous l'occiput. La tête du sujet est mise dans l'axe longitudinal du corps. Dans cette position neutre, il est cohérent de penser que la tension du scalène antérieur droit est plus importante que celle de son homonyme contro-latéral. Et bien il devient donc cohérent de pouvoir sentir cette augmentation de tension par une attraction tissulaire dans le sens de la fermeture (rotation gauche, inclinaison droite centrées sur le scalène antérieur droit). Un thérapeute averti pourra donc évaluer une région et trouver l'endroit de la dysfonction.

Sortons de la physiologie des mouvements classiques (flexion, extension, rotation, inclinaison, muscles, articulations) maintenant.

Troisième étape de la compréhension

Revenons à notre trame fasciale. Une sorte de toile d'araignée dans tous les plans de l'espace. Une perte de mobilité va entrainer, créer un point central autour duquel des forces convergentes vont s'organiser. Ces forcent suivront des directions dans les plans (flexion-extension/rotation/inclinaison/compression-tension) suivant la direction et la profondeur de la fixation.

Premier exemple : Entorse latérale de la talo-crurale en inversion de cheville : en positionnant les mains autour de celle-ci, le thérapeute peut découvrir que l'ensemble des tissus de la cheville ont "gardé en mémoire" la direction et l'intensité du traumatisme.

Second exemple : Sur une perte de mobilité du second duodénum. Quand le thérapeute posera sa main au centre de l'abdomen, des forces d'attraction convergeront vers cet organe et il pourra alors observer la profondeur correspondante à celui-ci mais aussi la tension au sein de celui-ci. Suivant les directions de la dysfonction (rotation/inclinaison...), le thérapeute pourra sentir dans quelle position le second duodénum s'est fixé.

Formation proposée par le Collège de Thérapie Manuelle Tissulaire - CTMT
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